Comment se manifeste le deuil dans les quatre coins de la planète ?

A chaque culture, à chaque civilisation et à chaque religion son rapport à la mort…avec une constante : le décès est toujours perçu comme la fin de la vie… ou, selon les croyances, d’une vie. La disparition d’un être cher va déclencher une série d’émotions intenses. Pour s’en protéger, l’Homme a mis au point des boucliers en s’armant de ses croyances pour amortir le choc. Comment fait-on le deuil dans les quatre coins de la planète ?

Le deuil préhistorique et chez les Hindous

Le deuil en tant que processus remonte à des milliers d’années. Des archéologues ont trouvé des artefacts qui suggèrent que les premiers hominidés avaient leurs propres rituels pour faire face au décès d’un membre de leur communauté. Ces premiers humains ont été retrouvés enterrés à côté d’outils « utiles », probablement pour les « aider » dans « l’au-delà ». On a également trouvé des fleurs et des bijoux à proximité des dépouilles. Aujourd’hui, dans l’Occident, le décès d’un être cher s’accompagnera d’obsèques qui verront la participation de la famille et des amis proches. Il est coutume d’envoyer une carte de remerciement de décès pour montrer sa gratitude à ceux qui ont soutenu la famille dans cette épreuve de la vie. Dans un Occident où la religion a perdu du terrain, la mort est perçue comme la fin de la vie. Ce n’est pas le cas dans l’hindouisme.

Dans les pays asiatiques à majorité hindoue, la mort n’appelle pas un deuil « tragique », car elle n’est pas considérée comme étant la fin de la vie. Les hindous croient que l’âme, ou l’atman, circule continuellement dans différents corps. Ainsi, la mort est considérée comme un changement dans le voyage de votre atman. Dans l’hindouisme, la période de deuil est limitée à 13 jours. On pense que si les personnes endeuillées se lamentent plus que de raison, l’âme du défunt risque de mal tourner. Immédiatement après le décès de la personne, une lampe à huile est placée près du corps et reste allumée pendant trois jours. Le corps est incinéré un jour après la mort, entre le coucher et le lever du soleil. À partir du moment où le corps est incinéré et jusqu’au 13e jour, la famille proche de la personne décédée est considérée comme étant « impure ». Pour cette raison, ses membres ne sont pas autorisés à diriger des cérémonies religieuses, à visiter des sites sacrés, à faire l’aumône ou à assister à des festivités traditionnelles.

Le deuil dans l’islam

L’islam exige également une période de deuil spécifique. La famille et les amis du défunt portent le deuil pendant trois jours. Cependant, les veuves doivent porter le deuil pendant exactement quatre mois et dix jours lunaires. Pendant la période de deuil, la famille doit éviter de porter des bijoux ou des vêtements flamboyants et luxueux. Les veuves suivent la même règle pour leur période de quatre mois, et elles ne sont pas autorisées à se remarier ou à déménager pendant cette période. L’expression du chagrin par les pleurs et le recueillement est acceptée par l’islam, mais cette religion interdit les manifestations trop voyantes comme les cris, les accès de violence, etc.

Le deuil dans le judaïsme

Dans le judaïsme, la principale période de deuil, appelée Shiva, a lieu dans les sept jours suivant les funérailles. C’est pendant cette semaine que les proches rendent visite à la famille endeuillée pour exprimer leurs condoléances. Pendant ce temps, la famille se concentre uniquement sur son deuil, et rien d’autre. Pour symboliser cette injonction, les signes de richesse doivent être cachés. Les miroirs sont recouverts, les sièges sont remplacés par de petites chaises rudimentaires et les hommes ne sont pas autorisés à se raser. Ces pratiques visent toutes à ce que les personnes endeuillées se concentrent sur le deuil et l’éphémérité de la vie et oublient le confort et leurs petits tracas du quotidien. Une bougie commémorative est allumée dans la maison familiale pendant toute la période de Shiva. Chaque année, le jour de l’anniversaire de la mort, qu’on appelle le yartzheit, la famille allume une autre bougie commémorative pendant 24 heures.

Le deuil chez les bouddhistes

Les Bouddhistes, comme les Hindous, croient en la réincarnation. Ils croient que le défunt entre dans une nouvelle incarnation immédiatement après sa mort. Les traditions bouddhistes impliquent des funérailles avec trois composantes : le partage, le respect et la méditation. Comme pour les funérailles chrétiennes, la cérémonie se déroule dans un salon funéraire et comprend un éloge funèbre et des prières. Dans tous les pays à majorité bouddhiste, le cercueil reste ouvert pour le recueillement. Cette tradition est censée rappeler au croyant l’éphémérité de la vie.